Saint Sernin du Plain

Saint Sernin du Plain est une commune de Saône et Loire de 630 habitants.


                                  
     

1-Géographie

Localisation

Lat. N 46° 53' 24''  Long. E 2° 17' 45''
Située le long de l'ancienne voie Agrippa à mi-distance entre Chalon sur Saône et Autun, 30 km de part et d'autre.

Communes limitrophes : Créot, Paris l'Hôpital, Cheilly les Maranges, Sampigny les Maranges, Dennevy, Couches, Saint Gervais sur Couches
 

Géologie - relief

Adossée au rebord du plateau granitique de l'autunois, à la limite d'un pays de bocages et d'un pays de vignobles, la commune étend ses sédimentations de calcaires, de marnes et de grès vers la vallée de la Dheune. Elle est dominée par la montagne de Rome Château reconnaissable de loin à ses abrupts
de calcaire bajocien, qui s'élèvent en relief de "cuesta" à 545 mètres. La montagne est ceinturée au sud par un plateau, le "Plain", du latin planus, où se
dresse le clocher fleuronné de l'église paroissiale. Dans l'éventail des couches géologiques qui se superposent, il convient de signaler au niveau de
l'hettangien des oolithes ferrugineuses qui ont été exploitées au 19 ème siècle par les Etablissements Schneider et au niveau du sinémurien des calcaires
à gryphée largement utilisés dans la construction. Le Mont Rome a une réplique à 3 km au nord, le Mont Rème, 513 m, situé sur la commune de Change, avec lequel il forme un ensemble gémellaire.C'est vraisemblablement la raison pour laquelle les anciens leur ont donné le nom des jumeaux fondateurs légendaires de Rome : Romulus et Rémus.

Hydrographie

Le territoire est encadré par trois cours d'eau : au nord La Cosanne, au sud La Corcelles coulant les deux d'ouest en est avant de se jeter dans la Dheune ; entre les deux, à l'est, coulant du nord au sud La Meure affluent de La Corcelles.
 

Climatologie

Climat semi-continental. Températures moyennes : janvier 2°, juillet 28 °.
 

Accès

N6, sortie Nolay, D978, sortie Couches.
 


2 - Histoire

Antiquité

Les premières traces de la présence humaine observées jusquà nos jours sur la commune datent de l'époque gallo-romaine. Ce sont au sommet de Rome château les vestiges d'un oppidum sous la forme d'un retranchement avec palissade et fossé. Contrôlant les couloirs d'infiltration utilisés par les différents envahisseurs pour passer de la vallée de la Saône à la vallée de la Loire, et notamment le couloir Dheune- Bourbince, cette position a joué un rôle important dans le système défensif des Gaulois et des Romains.  

 

Moyen Age - Période Moderne

Saint Sernin apparaît au 12ème -13ème siècle. C'est une paroisse de l'archiprêté de Couches, évêché d'Autun, comprenant quatre villages : le bourg, avec l'église placée sous le vocable de Saint Saturnin, Mazenay, Cromey et Nion. La commune a conservé cette structure quaternaire qui lui donne une pluralité sociale et un éparpillement géographique difficiles à maîtriser.

Dés le haut Moyen Age, l'Ordre féminin de Saint Andoche d'Autun y installe une dépendance : prieuré ou simple ferme. La Supérieure de l'Ordre, résidant à Autun est décimatrice du clocher. Elle détient un certain nombre de droits seigneuriaux qu'elle partage avec des seigneurs laïcs. L'un d'eux, Guy, seigneur de Cromey est connu pour avoir participé à la croisade de Saint Louis (1248-1254). Apportant capitaux et savoir-faire, les Dames de Saint Andoche ont donné une forte impulsion à la culture de la vigne et par là ont apporté une certaine richesse dont témoignent le choeur et le clocher de l'église construits à la charnière des 15ème -16ème siècles.

Ultérieurement, 17ème et 18ème siècle, les conditions de vie se durcissent. Les seigneurs, qui sont désormais des hommes de robe, ne résident plus sur leurs terres, laissant se développer une impression d'abandon : "nous travaillons tous pour autrui" lit-on dans les cahiers de doléances. A la veille de la Révolution, la population compte un millier d'habitants.
 

Epoque contemporaine

Au 19ème siècle, désormais commune administrative, Saint Sernin du Plain développe l'exploitation de ses carrières de pierre et de gypse. Une pierre noire de calcaire gryphée, souvent appelée pierre de Saint Sernin, est très largement utilisée notamment dans les encadrements de portes et de fenêtres. Plusieurs plâtreries sont créées : la dernière fermera ses portes en 1966.

La grande affaire minière sera l'exploitation d'une oolithe ferrugineuse découverte dans le sous-sol de Mazenay au milieu du 19ème siècle. Les Etablissements Schneider obtiennent une concession d'exploitation qui s'étend à Change. Le minerai de fer de Mazenay n'est pas très riche : 26-27 %. Mais il n'est pas cher. La mine alimentera régulièrement les hauts-fourneaux du Creusot jusqu'en 1914, leur livrant en 70 ans plus de 7 millions de tonnes de minerai.

Le développement des activités minières n'a pas enlevé ses droits à la viticulture. Au 19ème siècle la vigne connaît une extension fulgurante. On en plante partout, même sous les rochers de Rome Château. De 490 hectares en 1836, le vignoble passe à 540 hectares en 1875. Dix ans plus tard, il sera entièrement détruit par un puceron venu d'Amérique, appelé phylloxéra vastatrix. Il faudra 20 ans pour reconstituer le vignoble. Il le sera sous une forme plus rationnelle, plus scientifique et plus ramassée : 170 hectares aujourd'hui au lieu de 540 en 1875.
Coïncidant avec la fermeture de la mine de Mazenay, la crise du phylloxéra précipite la commune dans une crise profonde, à la fois économique et morale qui se traduit par un fort mouvement de dépopulation : de 2361 habitants en 1872, la population tombe à 1311 habitants en 1911. Après la Première Guerre Mondiale, l'activité économique reprendra progressivement, mais la population continuera à décroître jusqu'à la fin du siècle : 539 habitants en 1990.
 

 
 
 
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